En juillet, soyons absurdes !

01 Juillet 2014
- par
Emilie

Ou comment se replonger dans ses années de lycée, retrouver Camus qu’on avait laissé, peut-être un peu trop vite, au bord du chemin. Reconnaître l’absurde de ce monde où « les hommes ne savent plus ce qu’ils cherchent »1.
Alors refuser, dire non. C’est une Citadelle qui sort de terre pour « opposer son arbitraire à cet effritement des choses et n’écouter point ceux qui parlent de pente douce. »2 Et là, on entend gronder la révolte. Un été passé en Italie.  Rivoltare, nous disent-ils, c’est échanger, retourner. Sans renoncement à ce que nous sommes, ni ressentiment envers les autres.
 
Pour enfin dire oui. Oui à qui nous sommes, aux valeurs qui nous fondent. Telle une affirmation passionnée, créatrice et profondément positive. La révolte, parce qu’elle est « le mouvement même de la vie est amour et fécondité, ou elle n’est rien ». 3
Et par là sortir de la solitude, retrouver le lien qui unit tous les hommes. « Je me révolte donc nous sommes. »4 S’aventurer hors des sentiers battus, dans le désert, à la rencontre du Petit Prince. Là où "il n'existe point de marchands d'amis et les hommes n'ont plus d'amis"5. Alors, apprendre à apprivoiser, à se connaître cœur à cœur. Et reconnaître simplement que cela est impossible avec des "gens sérieux" qui ne parlent que de "bridge, de golf, de politique et de cravates »5. Le Clézio l’a appris sans doute malgré lui dans le regard d’une petite fille, quelque part sur une île oubliée dans la mer du Japon. Une petite fille qui n’avait « plus rien à apprendre des grands, qui sait ce qu’ils vont dire avant même qu’ils aient ouverts la bouche, qui lit dans leurs yeux. L’intérêt, seulement l’intérêt. Affaires d’argent, affaires de biens, affaires de sexe, de choses qu’on possède. »6
Ainsi la révolte n’est qu’un passage de l’absurde à l’amour, du non au oui. C’est pourquoi il faut y entrer, puisque « l’absurde n’est qu’un point de départ » et que c’est ce point de départ qui mène à l’amour, au « Tout est bien » de Sisyphe.
Et c’est sûr, nous avons le choix. Passer notre vie en attendant Godot. Ou bien devenir colibri et faire sa part.
C’est un enseignement ancestral. Il nous vient tout droit du soleil.