En mars, osons la métamorphose.

11 Mars 2015
- par
Emilie

Que faut-il dire aux hommes ? La question m'a été posée ce matin. Un avion est passé dans le ciel. J'y ai pris place.  C'est un voyage à l'autre bout du monde. Sur les trottoirs de Calcutta, j'aperçois un enfant des rues. J'entends Mère Térésa me dire qu'elle préfère sa misère à la mienne, moi la femme qui vient de l'occident. Lui a faim, moi je suis vide de toute substance humaine, coupée des autres et de moi-même. "On ne peut vivre de frigidaires, de politique, de bilans et de mots croisés"1, s'insurge mon pilote. Oui, je ne peux vivre d'entreprise, de travail, de supermarché, de traites d'une maison ou d'objets connectés. Je m'assois auprès de l'enfant qui mendie. Son sourire est immense. Il me fait cadeau de ce bout de trottoir. C'est tout ce qu'il pouvait m'offrir, alors il me l'a donné.

Et voilà que j'apprends enfin à recevoir. Voilà ma responsabilité. Et je prends ainsi l'engagement de me changer moi-même, de montrer l'exemple en modifiant mes comportements. Me transformer, prendre une autre forme pour aller au-delà de moi. Devenir consciente, unie.
 

"Je suis les liens que je tisse avec les autres"2 .

Que faut-il dire aux hommes ? " Au fond, nous sommes tous des êtres collectifs. Tous nous devons recevoir et apprendre autant de ceux qui étaient avant nous, que de nos contemporains." 3Créer des liens qui nous façonnent et nous construisent. C'est écouter le message d'un enfant sur les trottoirs de Calcutta.

Emilie Castellano
Directrice de l'Usine à Belfort

[1] Antoine de Saint-Exupéry - Que faut-il dire aux hommes ?
[2] Albert Jacquard - Éloge de la différence
[3] Johann Wolfgang Von Goethe